L’année 2011 touche à sa fin

L’année 2011 touche à sa fin

Un grand merci à tous ceux et celles qui luttent en faveur d’une plus grande équité pour les familles monoparentales et leurs enfants.

Cette année, les tessinois sont en fête. L‘Associazione ticinese delle famiglie monoparentali e ricostituite ATFMR s’engage depuis 25 ans. L’Association est membre de la FSFM et antenne de la Fédération pour les parents seuls de langue italienne dans toute la Suisse. La collaboration est très fructueuse et enrichissante. Sandra Killer, mère seule élevant 2 enfants, est active au sein de notre Comité. Elle prend sur elle le long trajet vers Berne pour participer à nos séances de Comité. L’échange est précieux et nous rapproche ainsi un peu du Tessin.

C’est avec plaisir que nous avons accepté l’invitation pour la grande fête du Jubilé. Nous y avons rencontré de nombreux enfants pleins de gaîté, des mères et des pères. L’ambiance était très décontractée. La télévision tessinoise a filmé l’évènement et divers journaux se sont intéressés à l’Association et à son histoire. Des politiciens ont aussi fait le déplacement et ont félicité les membres pour leur engagement. Pour moi, cette reconnaissance et l’importance qui lui a été accordée est un signe que l’Association est bien connue dans le canton et qu’elle bénéficie d’un solide réseau.

Mais, aussi au Tessin, les familles monoparentales ont une situation difficile. Ainsi, l’avance des contributions alimentaires y a été limitée à 5 ans. Cela signifie que de nombreuses familles deviennent dépendantes de l’aide sociale. Cette réglementation cantonale démontre que l’avance et le recouvrement des pensions alimentaires a besoin d’une solution au niveau fédéral, qui protège dans chaque canton le droit des enfants à leurs contributions d’entretien. Mais cela ne suffit pas encore : Chaque enfant qui grandit dans une famille monoparentale doit avoir droit à un montant minimal d’entretien. La FSFM revendique l’introduction dans la législation fédérale d’un tel montant d’entretien minimal égal à la rente simple d’orphelin maximale, déjà dans le cadre de la Révision de l’autorité parentale.

Dans chaque canton des injustices sociales touchent les familles monoparentales. C’est pourquoi nous avons besoin de femmes et d’hommes qui luttent pour que la Suisse devienne un peu plus équitable. Nous cherchons des membres, des donatrices et des donateurs, des sponsors qui soutiennent nos revendications et apportent leur aide en faveur des familles monoparentales et de leurs enfants, afin qu’ils puissent participer à la vie sociale et que la valeur de leur travail pour la société soit dûment reconnue.

A toutes et tous, je souhaite une belle Fête de Noël et une bonne et heureuse année.

Monique Gerber, Présidente centrale de la FSFM

Les enfants ont gagné la partie!

Lors de la table ronde sur la responsabilité parentale conjointe, les enfants ont gagné la partie!
Le 15 avril, la Conseillère fédérale Sommaruga avait réuni pour un échange de vues une vingtaine d’organisations, entre autres la FSFM. Elle a mis l’enfant au centre du débat et ça a été payant: Les participants étaient unanimes qu’en choisissant l’autorité parentale conjointe comme norme légale pour les parents séparés il faut introduire des mesures pour protéger les enfants dont les parents n’arrivent pas à se mettre d’accord. Ils étaient aussi d’accord que la révision du droit réglant l’entretien est essentielle pour le bien de l’enfant, car il y a de graves lacunes pour la garantie de son entretien financier. Le droit désavantage les enfants de parents séparés par rapport aux autres, leur risque de pauvreté est conséquemment plus élevé. La Conseillère fédérale Sommaruga a donc garanti de régler rapidement les deux aspects de la responsabilité parentale.
On peut espérer que le Parlement prendra aussi ses responsabilités et ne laissera pas les enfants en rade!

Anna Hausherr

Les enfants ont gagné !

En ouverture de la table ronde concernant la responsabilité parentale, Simonetta Sommaruga l’avait annoncé d’emblée : élargir l’actuelle possibilité d’une autorité parentale conjointe pour en faire une règle, elle y tenait. Cette matinée n’allait donc pas définir qui des pères ou des mères allaient gagner. C’était l’enfant qui était au centre et il s’agissait de développer les bases à des mesures d’accompagnement à la nouvelle loi. Des moyens qui sauvegarderont les droits des enfants de grandir entre parents qui s’entendent à leur sujet, même séparés.
Des consensus se sont clairement dégagés des discussions de cette table ronde. Premièrement la nécessité de clarifier par des conventions qui décidera de quoi et de définir dans la loi dans quelles situations cette règle ne sera pas synonyme de protection pour les enfants. Largement plébiscitée par l’ensemble des parties présentes a été également la nécessité d’encourager et de renforcer les aides extrajudiciaires, comme par exemple la médiation. Ceci afin de donner aux parents en conflit les moyens concrets et conciliateurs de s’entendre malgré leur séparation
La question de la responsabilité financière sera finalement traitée séparément, c’est regrettable. Mais il est à soulever qu’un important pas a été franchi sur cette question, celui du consensus que de grandes injustices devront être éliminées. Des obstacles dont souffrent autant les parents gardiens que les parents payant la contribution d’entretien. La ministre de la Justice s’est engagée fermement à œuvrer parallèlement dans ce sens. Le but étant de trouver rapidement des solutions qui sortiront des milliers d’enfants d’une pauvreté intolérable.

Doris Agazzi
Coordinatrice romande de la Fédération suisse des familles monoparentales (FSFM)
St-Cierges

C’est le bien-être de l’enfant qui importe le plus

Si la Fédération suisse des familles monoparentales (FSFM) se montre très critique face à une attribution automatique de l’autorité parentale conjointe au moment du divorce, c’est en premier lieu pour les enfants. Si le conflit s’est installé entre le couple parental et s’il perdure au-delà du divorce, la situation est peu propice à une autorité partagée sans que les enfants se trouvent douloureusement et durablement tiraillés. Ce souci du bien-être des enfants n’est nullement en opposition avec des requêtes détaillées d’autorité parentale conjointe, documentées par une convention commune, reflétant la situation des enfants. La loi actuelle donne clairement cette possibilité aux parents en instance de divorce qui le souhaitent, tout comme aux parents non-mariés.

Par la loi actuelle, le meilleur pour les enfants est ainsi déjà possible et le pire écarté. Pourquoi modifier la procédure, alors que les possibilités de la situation actuelle ne sont pas exploitées par tous les parents ? Précisons que la question de l’autorité parentale ne se pose pas au moment de la séparation. A ce stade, elle reste conjointe et ceci jusqu’au divorce. Le moment passé dans cet entre-deux ne prive donc aucun père et aucune mère de sa co-autorité parentale. La difficulté réside probablement dans le fait que cet espace-temps est souvent davantage occupé en querelles juridiques et financières, qu’en conciliations autour du bien-être des enfants.

Les premières démarches à effectuer au moment de la séparation sont de nature juridique : fixer et faire entériner par un juge les lieux de vie séparés, l’organisation de la garde des enfants et les aspects financiers provisoires. Si le conflit est aigu, cette entrée en matière juridique, aussi importante soit-elle, comporte le risque d’une fausse perception de la procédure. Une illusion sur le rôle que la justice incarne – ou pas – quand l’émotionnel et l’irrationnel garde le dessus. De plus, si dans ce cadre, chacun des deux ex-partenaires se fait conseiller par son propre avocat, ce n’est pas d’avance une garantie à une entente parentale sereine. Dès lors, si la procédure se prolonge en raison de désaccords persistants, une attribution de l’autorité parentale à l’ex-conjoint gardien des enfants est probable, car souhaitable pour eux.

Et si l’amélioration de la situation actuelle se trouvait ailleurs ? Si un recours accru à des offres extrajudiciaires, comme des thérapies ou des médiations familiales apportait de meilleures réponses ? En participant avec engagement à ce type de démarches – et ceci dès la séparation – les pères et mères en conflit trouveraient bien souvent un meilleur appui. Centrée sur les enfants, c’est aussi une aide concrète à l’élaboration d’une convention commune. Démarche bien utile à l’exercice d’une responsabilité parentale conjointe par la suite.

Bien mieux en tout cas que le changement de la loi actuelle. Le bien-être des enfants en prime.

Doris Agazzi

Coordinatrice romande de la FSFM

Paru dans : 24heures, Opinions, 16.2.2011, p. 2

Les collants

Les collants

Katarina a regardé ses jambes, catastrophée – les collants qu’elle avait sortis de leur emballage le matin même avaient déjà une maille filée. Impossible de se montrer ainsi au bureau! Et pourtant les collants étaient si chers et creusaient à chaque fois un trou dans son budget. Budget déjà assez serré pour une maman seule qui devait calculer au plus près. Les deux enfants grandissaient et avaient sans cesse besoin de vêtements plus grands… En soupirant elle a fait l’acquisition d’une nouvelle paire de collants au magasin à côté du bureau. A la pause café, elle a laissé libre cours à sa frustration et a été largement soutenue par toutes les collaboratrices du secrétariat.

Avant Noël, elle a trouvé une enveloppe sur sa table, avec une carte signée de toutes et tous ses collègues. « Nous te souhaitons de pouvoir choisir sans soucis les collants qui te plaisent vraiment. Afin que tu aies un peu de luxe dans ta vie déjà si difficile » disait le texte. Et il y avait un généreux bon dans un magasin qui tenait des collants chers et de qualité, dans toutes les couleurs.

Katarina sourit, attendrie – après tous ces mois, ses collègues s’étaient souvenus de ses soucis! « Vous m’avez réchauffé les jambes et le cœur », leur a-t-elle dit, touchée.

Christiane Faschon

Avec une bonne formation contre la pauvreté !

Une bonne formation constitue la meilleure protection contre la pauvreté et la dépendance de l’aide sociale. Ceci est démontré d’année en année par les statistiques de l’aide sociale. Des études ont démontré que les enfants de familles monoparentales absolvent plus souvent que d’autres des formations plus courtes et entrent plus tôt dans la vie active. L’expérience des difficultés financières dans lesquelles se débattent de nombreuses mères seules donne aux jeunes un sens des responsabilités renforcé, ils veulent aider la famille matériellement.

Ces jeunes sont encore trop souvent délaissés. Ils n’ont qu’un seul de leurs parents qui les soutient et sont discriminés par le droit et par la loi. La FSFM s’engage de toutes ses forces pour l’obtention d’améliorations efficaces. Elle encourage la prise d’autonomie des familles monoparentales et fournit un travail d’information et de persuasion afin que les discriminations soient éradiquées. Aidez-nous! Un chaleureux merci pour votre intérêt et votre soutien.

Dr. Roland Lüthi
Président central FSFM